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Le Château d'hier à aujourd'hui

900 Premiers écrits sur le Château

C’est au Xème siècle qu’apparaissent les premiers textes connus parlant du « Balcium Castrum » (ou château de Balcio) et d’un seigneur, Pons le Jeune, dont les descendants adoptent le nom « des Baux ». Selon la légende, la maison des Baux descend du roi mage Balthazar. C’est pourquoi les armes des seigneurs des Baux comprennent une comète à seize rais d'argent, l'étoile que suivirent les rois mages, et leur devise « A l'asard Bautezar », c’est-à-dire « au hasard Balthazar ». Depuis, nous savons que le site du Château a été habité presque en continue de la Préhistoire à nos jours.

1145 Début des guerres baussenques

Au Moyen Âge, la lignée des Baux est une des grandes familles provençales. À l’origine, les terres des Baux étaient concentrées sur les villes d’Arles et de Marignane. Au XIIème siècle, l’unique héritière du comté de Provence épouse le comte de Barcelone. La Provence passe ainsi sous l’autorité de la dynastie catalane. Cette autorité est d’abord vivement contestée en particulier par les seigneurs des Baux. Raymond des Baux, époux d’Etiennette de Provence, revendique en effet une part de l’héritage. C’est ce qui engendre entre 1144 et 1162, trois courts conflits appelés « les guerres baussenques ». Au fil des générations, le territoire des Baux s’étend dans toute la Provence, le Comtat Venaissin, le Dauphiné et l’Italie.

1200 Des travaux de grande envergure

Les seigneurs Hugues et Barral des Baux lancent à cette époque une grande campagne de travaux. Le château est en grande partie reconstruit pour en faire une forteresse plus efficace et plus prestigieuse. La fortification est remplacée par un donjon qui profite de la configuration naturelle du rocher et sert d'appui aux autres bâtiments du château. La Maison des Baux est alors maîtresse de 79 villes ou places fortes appelées « les terres Baussenques », démontrant ainsi leur puissance. Cette dynastie marque l'histoire de la Provence par l'influence et la personnalité de ses seigneurs rebelles et guerriers. 

1386 Raymond de Turenne

Ce siècle est celui de Raymond de Turenne, seigneur des Baux. Dans les premières années de son règne, il est connu pour avoir soutenu le pouvoir royal : il combat en Flandre pour le Roi de France et en Italie pour le Pape. Puis il se révolte, défiant la cour de France et le pouvoir pontifical. Seigneur cynique et sanglant, il est condamné à mort et excommunié. Mais, se moquant de ces sentences, il s’entoure entre 1386 et 1398, de pillards, attaquant et incendiant villes et villages. Il est resté ainsi tristement célèbre sous le nom de « fléau de la Provence ».

1426 La lignée des Baux s’éteint

Alix des Baux est la dernière héritière des terres Baussenques. A sa mort en 1426, elle lègue par testament ses terres à un lointain parent, le duc d’Andria. Un inventaire du Château est réalisé le 14 octobre de la même année. Ce rare document permet de se faire une bonne idée du mobilier du Château et de la vie qui s'y déroulait.

1481 Les Baux entrent dans le domaine royal

A la suite de sièges et de guerres, la Seigneurie a fini par échouer par héritage à René d’Anjou, dit « le bon roi René ». Au décès de ce dernier, les Baux sont rattachés au Royaume de France entrant ainsi dans le domaine royal. Mais, le Roi de France, se méfiant d'une forteresse si puissante et si loin de sa Cour, ordonne son démantèlement, de peur qu'elle ne tombe dans les mains de ses ennemis et notamment des opposants à son autorité en Provence.

1538 Renaissance au Château

Après son démantèlement, la seigneurie est dès lors transformée en baronnie et attribuée, en guise de reconnaissance, aux fidèles serviteurs des Rois de France. Le plus célèbre d’entre eux reste le connétable de Montmorency, ami d’enfance de François Ier. Période faste pour la Cité, les bâtiments résidentiels du Château sont en partie reconstruits. Montmorency restaure le château en ruines et introduit l’architecture de la Renaissance italienne en Provence. Mais les guerres de religion menacent bientôt cette paix éphémère et les Baux, devenus un des foyers du protestantisme sous la famille Manville, sont désormais considérés avec défiance par les représentants du Roi.

1631 Les Baux, fiefs des rebelles

La forteresse est de nouveau aux mains des insurgés. En effet, la décision royale de supprimer le Parlement de Provence, a provoqué une révolte à Aix-en-Provence, menée par Gaston d’Orléans contre son frère Louis XIII. Arrêtés par le Prince de Condé, certains rebelles s'enfuient et se réfugient aux Baux. Richelieu décide alors d’anéantir cette place si obstinément contestataire et donne ordre d’assiéger la ville. Malgré une défense héroïque de 27 jours, les portes finissent par s’ouvrir. Las des guerres et des pillages, les habitants des Baux demandent d’eux-mêmes la destruction des remparts, et paient pour cela 100.000 livres, prix de leur tranquillité. À la poudre et à la pioche, les hauts murs sont démantelés et la citadelle des Baux se rend définitivement au pouvoir royal.

1642 Les seigneurs des Baux deviennent marquis

Le fief des Baux est érigé en marquisat et offert à Hercule Grimaldi par Louis XIII pour le remercier d’avoir chassé les Espagnols de Monaco. Celui-ci transmettra à ses descendants le titre de Marquis des Baux dont le Prince Albert de Monaco est l'actuel détenteur.

Appauvri par la perte de son rôle politique et militaire, le village des Baux voit sa population diminuer, passant de 3 000 habitants au XIIIème à 400 à la fin du XIXème. La citadelle désertée n’est plus qu’une cité morte. Seuls les grands poètes provençaux, comme Frédéric Mistral ou Alphonse Daudet, défendent encore ces ruines.

1821 La citadelle sort de l’ombre

Il faut attendre 1821 pour que la citadelle des Baux sorte de l’oubli. Une découverte scientifique attire l’attention sur ce bourg devenu village : un chimiste dénommé Berthier trouve dans les environs une roche rouge qui permet de produire l’aluminium. Il la baptise « bauxite ».

1945 Retour en grâce des Baux

L’ouverture du célèbre restaurant « L’Oustau de Baumanière » ouvert par Raymond Thuillier, qui sera Maire des Baux de 1971 à 1993, attire chefs d’États, artistes et personnages célèbres. Leur venue marque la redécouverte des Baux par un large public sensible au caractère unique de ce lieu.

1993 Culturespaces délégataire du Château des Baux

Le Conseil Municipal de la Cité des Baux de Provence confie à Culturespaces la mise en valeur, la gestion des visites, l’animation culturelle et la promotion du Château des Baux. Culturespaces et la Cité des Baux de Provence travaillent en étroite collaboration sur la programmation culturelle des événements du village et du château.

2007 Mise en place des machines de siège

Trois machines de sièges, reconstitutions modernes d’après des dessins médiévaux, sont mises en place dès 2007 : le trébuchet, la bricole et le couillard. Ils permettent aux visiteurs d’assister quotidiennement à des tirs à la catapulte. Le trébuchet du Château des Baux, qui mesure 16 mètres de haut, est un modèle unique doté d’un système d’armement à roue de carrier contrairement aux trébuchets plus basiques avec un armement à treuil.